Du confinement paralysant vers un tremplin d'évolution
Dernière mise à jour : 28 mars 2020
Nous avons tous une sensibilité, une capacité d'adaptation et de gestion des émotions qui nous sont propres. La situation de confinement est vécue de façon très différente selon les individus. Elle varie en fonction de la sensibilité de chacun et de nos conditions économiques et matérielles.
Suite à l'annonce du président, vous avez pu ressentir une sensation de malaise, un étourdissement, le sentiment que le ciel vous tombe sur la tête, l'impression d'une nouvelle surréaliste, irréelle.
Ces sensations sont normales. Un processus de deuil s'est mis en place. Il s'agit d'étapes par lesquelles nous passons pour "aller de l'avant" suite à une perte. Cela s'applique à toute perte, cela peut être la perte d'un être cher, d'un animal, d'une idée, d'un projet, d'une situation, d'un membre, de la santé,.....
Dans le contexte actuel il s'agit de notre vie quotidienne, de notre liberté, de nos habitudes, de nos projets, de notre stabilité et invulnérabilité, de notre illusion de l'immortalité, bref, de tout ce que l'on pouvait faire avant!
Reprenons ensemble les différentes étapes du deuil:
Tout d'abord il y a le choc. La nouvelle tombe avec une sensation d'abattement qui nous envahit. L'annonce déclenche en nous un état de trouble émotionnel fort.
Vient ensuite, presque simultanément, le déni. On se détache de l'information car la douleur est grande. On se protège en se persuadant que ce qui arrive n'est pas réel. On n'ose pas y croire, on pense qu'il s'agit d'un mauvais rêve. La durée peut être variable selon les personnes et l'importance de la perte.
Ensuite, nous passons à l'étape de la colère et du marchandage. On réalise que la perte est bien réelle. On ressent de la douleur et de la frustration. Un sentiment d'injustice va engendrer une attitude de révolte, parfois de la culpabilité. On a des regrets, des remords, on aimerait pouvoir changer le passé, intervenir en amont sur ce qui a provoqué la perte et la façon dont cela c'est passé.
Vient ensuite la tristesse, voire la déprime. On ressent une sensation de vide, on réalise vraiment que les choses s'arrêtent. On arrête de lutter, on décompresse. On a du mal à vivre normalement, tout nous semble insurmontable.
Si cet état s'éternise, il est important de demander de l'aide pour ne pas sombrer dans la dépression.
Ensuite nous passons à la résignation. On commence à accepter cette idée de perte mais on se positionne en victime. On se dit que l'on n'a pas le choix.
Vient ensuite l'acceptation. On accepte que les choses soient ainsi en se disant que l'on a toujours un espace de choix. On se réconcilie avec la réalité et on peut avancer.
Puis nous passons à la dernière étape qui est la reconstruction. On recommence à vivre normalement, à refaire des projets, à aller vers les autres, à avoir l'esprit créatif et à envisager l'avenir.
Que faire avec tout cela?
Comme vous l'avez compris, il est indispensable ne pas rester bloqué sur l'une de ces étapes pour avancer. Il faut entrer en ACCEPTATION.
Voici quelques conseils pour vous y aider:
- Je prends conscience des deuils que je suis en train de vivre, et j'observe pour chacun où j'en suis.
- Je m'écoute. Au niveau de mes pensées, de mes émotions, de mes sensations corporelles. Je comprends et je donne du sens. Je lâche prise.
-Je fais un choix: -je me positionne en victime et je choisis de subir, et je suis OK avec cela
ou - je me positionne en acteur créateur et je me remets en mouvement.
-Je profite de l'instant présent et l'accepte comme il est. Je reste dans l'ici et maintenant et laisse place à des perspectives positives. Je lâche l'anticipation négative. Il faut savoir que 95% des scénarios imaginés ne se produisent jamais!
-Bonne nouvelle, cette situation de confinement est temporaire. Cela s'arrêtera un jour.
-Face à l'incertitude, je me mets dans l'idée que chaque nouveau jour, chaque instant est une page blanche où rien n'est encore écrit, avec l'idée que "tout est possible".
En pratique, quelques conduites positives:
-J'évite de regarder toute la journée les chaînes d'information en continu qui sont génératrices de stress et qui alimentent les peurs et la psychose. Il est important de s'informer sur ce qui se passe, pour cela on peut utiliser d'autres médias moins violents.
-Je fais des activités qui me font du bien et qui stimulent mon imagination afin de m'aérer l'esprit.
-Je réduis mon stress en pratiquant la méditation et la cohérence cardiaque.
-Je m'impose un emploi du temps afin de structurer mes journées et garder des repères.
-Je bouge, je pratique une activité physique ( dans le respect des règles de confinement). La vie continue!
-Je profite de ce temps que la vie m'offre pour réaliser les tâches que je n'ai jamais le temps de faire.
-Je peux avoir envie de grignoter. Au lieu de cela , je cuisine avec les ingrédients présents dans mon placard et je laisse place à ma créativité pour les recettes. Je prends le temps de savourer.
-Je prends des nouvelles de mes proches. Je garde le lien.
-Je prends soin de moi, je profite de ce moment d'introspection.
Face à l'adversité, nous pouvons toujours choisir la façon dont nous voulons vivre les choses. Reprendre notre responsabilité personnelle, celle de notre vécu nous permet d'avoir toujours un levier d'action sur notre vie et notre bien être.





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